Dementia (John Parker, 1954)

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Une bien étrange pellicule datée de 1953, remontée puis distribuée à la hâte dans quelques drive-in locaux et rapidement tombée dans l’oubli au coté de son réalisateur. Avec Carnival of Souls, Dementia exhale l’idée romantique d’un cinéma de série B inventif et audacieux où derrière les atours horrifiques se dévoile un exercice maniériste convoquant influences surréalistes et expressionnistes dans un tunnel anxiogène. Sous le voile d’une symbolique freudienne aux accents prudes de l’Hollywood des années cinquante, Dementia épure son récit jusqu’à se priver totalement de dialogue, centrant son cauchemar sur son héroïne s’enfonçant progressivement dans un monde de chimères, comme autant de tableaux irréels se succédant dans une logique macabre de cadavre exquis. Plus que l’exploration sommaire de la psyché d’une héroïne tourmentée par les résurgences d’une sexualité larvée et d’un trauma familial, Dementia prend son ampleur dans le déroulement implacable de dispositifs nocturnes expressifs, autant de théâtres d’ombres, de silhouettes silencieuses et de morts violentes décrivant un univers sombre et fiévreux. Un parti-pris tenu de bout en bout où le court récit (cinquante minutes) vaut tout autant pour sa maitrise technique, sa débrouillardise que son charme de série B fragile (une tension que la musique démonstrative évente malheureusement quelque peu).

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Written by NR

novembre 2, 2011 à 11:25

Publié dans Cinéma

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