Sur les ailes du soleil (Kenji Nakagami, 1984)

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Motif central de l’univers de Kenji Nakagami, Les Ruelles est le quartier des parias de la ville côtière de Shingu, inscrivant, autant physiquement que mentalement, ses habitants dans un Japon en marge. Si le quartier était la clé de voute de ses romans antérieurs, il se manifeste ici de façon plus souterraine comme un lointain point d’attraction autour duquel gravitent des protagonistes échappés dans une longue virée routière à travers un Japon des sanctuaires et des bordels. Reproduisant les errances, magouilles et rituels qui faisaient le quotidien de leur terre natale, c’est toute leur condition d’exclus qu’ils semblent transporter avec eux. On trouve ici une évocation humaine de la marge où le vagabondage, le sexe, les processions et prières, les jeux d’argent rythment un trajet fait de riens et de non-événements, autour d’une belle galerie de personnages fragiles et attachants où une troupe de grand-mères pittoresques s’offre un dernier pèlerinage de fortune dans une carriole céleste emmenée par des jeune hommes sanguins. Une curieuse farandole où un camion errant fait voguer l’âme d’un lieu et ses habitants, et s’offre comme coquille propice à trouver une certaine chaleur humaine, et tenter d’oublier que le bout du chemin les rappellera immanquablement à leur maudit pays.

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Written by NR

novembre 5, 2011 à 12:09

Publié dans Littérature

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