Drive (Nicholas Winding Refn, 2011)

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Une scène introductive comme une puissante note d’intention, la suite ne sera que déception. Devant les lacunes majeures d’un script se perdant tôt en route et n’arrivant jamais à la hauteur de ses ambitions mythologiques, on préféra parler de Drive comme d’un pur objet formel faisant montre d’un beau sens du cadre et de la picturalité, et d’une patte chromatique bien typée ; autant de compositions appuyant une narration faites de silences et de postures sensuelles. Si certaines fulgurances et visions urbaines se révèlent particulièrement inspirées, et qu’une belle tension climatisée s’installe par intermittence, le projet esthétique de Nicholas Refn ne vient pourtant jamais insinuer un regard sur ce monde et de se faire vite rattraper par de regrettables écueils, entre bande-son immonde et intrusive, débordements gores putassiers et chantage à l’émotion pop en toc qu’une direction d’acteurs très inégale ne fait qu’empirer. Pour quelqu’un cherchant la fulgurance et la pose iconique, voila assurément un sujet qui méritait un brin plus d’inspiration et de sensibilité.

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Written by NR

novembre 8, 2011 à 11:58

Publié dans Cinéma

4 Réponses

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  1. Une mise en scène (dont tu soulignes toutes les qualités) oui mais c’est aussi le meilleur film de super-héro vu jusqu’ici.
    Un super-héro à l’allure cow-boy jouant avec son cure-dent doté d’une classe peu commune. Un Ryan Gosling qui suinte à chaque plan d’une aura vertigineuse où les battements de coeur destinés au personnage de Carey Mulligan traverse l’écran de part en part. On ressent les mêmes soubresauts venant de l’actrice dans ces silences et ces regards échangés. Merde, c’est beau.
    Il y a la B.O. aussi. Elle nous transporte littéralement en apportant un plus non négligeable à l’atmosphère du film.
    Les scènes d’action nous explosent en pleine figure, nous laissant pour mort sur le bas côté de la route avant de nous récupérer et nous trainer dans cette chasse grandeur nature. Chasses au pluriel, devrais-je écrire.
    J’aime les cassures qui parsèment le film, ces mafieux balourds et à l’ouest. J’aime cette ambiance éthéré mais aussi tout à la fois son aspect sombre tellement terre à terre et outrageusement maquillé pour masquer cette « réalité ». AMEN à Refn ! Il m’a mis la même claque que j’ai eu par le passé en voyant sa trilogie « Pusher ».
    A contrario, je peux comprendre les mauvaises critiques à son encontre. Pour ma part, il est sans doute LE film de 2011. Mon enthousiasme pour « Drive » est sans borne, sans frontière…

    (commentaire écrit en écoutant « Nightcall » de Kavinsky)

    I.D.

    novembre 22, 2011 at 7:17

    • Ahlala Drive, j’y croyais pourtant, et il y a de très bonnes choses sur le plan formel et dans sa narration aux partis pris minimalistes. Mais les acteurs (un peu) et la BO (bcp) m’ont carrément sorti du truc, le genre de héros mutique qui m’en touche pas une. J’ai lu le bouquin par curiosité, honnête polar qui s’emmerde pas avec la romance pop-en toc (la fille crève même rapidement ^^) et décrit un certain univers vide qu’on ne perçoit que trop peu dans le film (et on a pas à se farcir la BO), et humanise un peu plus son héros … transposé tel quel ça aurait fait un très bon film.

      Noisy Requiem

      novembre 26, 2011 at 8:26

      • Le bouquin ? Je n’ai même pas eu l’idée de me le procurer. J’en aurai presque oublié que c’était une adaptation ! Il faudrait que je me le chope surtout après ce que tu en écris. Toujours intéressant de découvrir les œuvres originales et s’amuser ensuite à comparer la chose. Par contre, tu viens de me SPOILER mon s*laud ! La fille crève ?! Oh mother fucker que c’est pas vrai ! 😉 J’aurai sans doute oublié d’ici là… et je n’écouterai pas la BO en lisant, tu as raison .. elle est trop nulle ! 😀

        I.D

        novembre 28, 2011 at 8:58

  2. C’est pas vraiment un spoiler, l’histoire/narration est relativement differente (tout en reprenant le gros de la trame « polar » et qlq persos), c’est uniquement centré sur le mec, la fille est un perso vraiment accessoire (il y a même deux filles en fait). Il y a des passages sur l’enfance du héros qui apportent pas mal au récit. Ca se lit très facilement, c’est pas mal, ça a son petit style nerveux et sec de roman de serie B. Et je te rejoins sur la BO 🙂

    Noisy Requiem

    novembre 28, 2011 at 3:05


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