Le Festin Nu (William Burroughs, 1957)

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Œuvre emblématique d’une Beat Generation dans laquelle son auteur ne s’est jamais vraiment reconnu, L’objet Festin Nu est à rapprocher de ces frontières instables que traverse sans cesse son héros, aux confluents d’un exercice poétique exalté, d’une forme littéraire éclatée et d’une teneur autobiographie à peine voilée où Burroughs dévoile les flashs et digressions d’un corps rongé par la toxicomanie. Où le journal d’un camé se fond en une plongée dans un univers noir et mouvant, peuplé de souvenirs distordus, d’inspirations mortifères, et où l’on plonge, et rebondit, malmené, dans des zones géographiques improbables comme autant d’espaces mentaux reflets d’un esprit malade. Exploration tantôt délirante, paranoïaque ou lucide d’une chaire droguée, d’un environnement oppressant et d’un hypothétique havre de paix en point de mire. Un récit dur, bordélique aussi, où l’on navigue à vue dans les méandres d’un cerveau refermé sur lui-même, non sans délivrer de fulgurantes visions d’une poésie noire, brulante et vénéneuse.

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Written by NR

novembre 8, 2011 à 5:32

Publié dans Littérature

4 Réponses

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  1. Une sombre fête foraine mi-figue mi-raison sur la toxicomanie, véritable patchwork de morceau de vie bien choisis à la fois noir, torturé et poétique. Ca prend aux tripes, ça nous traine sur un sol jonché de taisons de bouteille et nous reste dans la psyché un long moment jusqu’à l’overdose aux relents nocifs. Que du bon en somme !

    Dans un trip plus réalittérature, « Junky » était pas mal non plus. Une vraie plongée dans le crade New-York de l’époque…

    I.D.

    novembre 22, 2011 at 6:44

  2. Pas lu ce Junky, mais je retournerais à Burroughs plus tard. Mon prochain livre assimilé « Beat Generation » sera le Howl de Allen Ginsberg! J’ose pas tenter le film de Cronenberg par contre, ça sent la douche froide (même si les echos sont bons)

    Noisy Requiem

    novembre 26, 2011 at 8:17

    • L’adaptation de Cronenberg n’est pas dégueu’ en soit. Pour tout avouer, je ne l’ai pas aimé lorsque je l’ai vu la première fois(le cinéaste canadien fait parti des cinéastes que j’apprécie pourtant). J’ai lu le bouquin par la suite et j’ai aimé. J’ai revu le film de Cronenberg et bizarrement j’ai accroché. A son ambiance surtout. Ça reste quand même un bouquin pas évident à adapter. A savoir si je l’apprécierais encore en 2011, je ne sais pas. Je n’ai plus grand souvenir de l’œuvre cinématographique alors que les écrits, eux restent en moi.

      I.D.

      novembre 28, 2011 at 8:45

      • j’ai vu qlq images du film depuis, je vois un peu comment il a pu adapter ça,, mais j’ai pas franchement lu le roman sous un angle Cronenbergien, mais plutôt à la Jodorowsky/Moebius, le genre de truc inadaptable à l’écran.

        Noisy Requiem

        novembre 28, 2011 at 3:45


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