The Great Chase (Norifumi Suzuki, 1975)

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En parallèle de la série des Sister Street Fighter, la Toei compte bien profiter de la mouvance et lance d’autres films-véhicules pour la jeune star Etsuko Shihomi. Basé sur une formule proche, The Great Chase en reprend les arguments exploitanionistes et les intègre dans un cocktail – à priori – plus mainstream. Véritable pot-pourri, ce spin-off mange à tous les râteliers dans une joyeuse anarchie filmique ; l’influence kungfu matinée de blaxploitation migre progressivement vers le crime-movie avec ses habituelles séquences de magouilles, poursuites et d’infiltration. La progression rythmée d’un récit qui navigue à vue offre à Norifumi Suzuki l’occasion de facéties inattendues. Le bestiaire s’avère ici particulièrement jouissif, et l’on croise dans le détail : une chanteuse glamour se transformant en catcheuse déchaînée (caméo de Mach Fumiake), un indien coriace et sa sarbacane mortelle, nonnes en pagaille dont l’une experte en fouet, une hilarante Etsuko Shihomi en as du déguisement (scènes impayables grimée en grand-mère), des femmes fatales et des yakuzas aux trognes incroyables (Eiji Go toujours aussi cool), des trafiquants de drogue déguisée en nonnes, un violeur récidiviste empeluché en chat (!!).

Plus que par son canevas bien troussé, The Great Chase brille par ses sautes de ton imprévisibles alternant comique gras ou pince sans-rire avec des séquences plus perverses qui détonnent vis à vis de ses ambitions grand publique. Si le film est centré sur la jeune Etsuko à la moue enfantine, Suzuki ne lésine pas sur les digressions malaisantes : tortures à l’électricité, énucléations gores en nombres, corps meurtris au fouet, injections forcées de drogues, viols brutaux, éviscération d’un cadavre. S’y ajoute une trouble dimension sexuelle réservant des séquences étonnantes au cachet graphique sensuel : viol rituel dans un décorum religieux (l’homme-peluche, encore et toujours) ou encore ce corps féminin nu et fragile soudain libéré d’une armure violemment disloquée. Sans surprise avec Suzuki, le motif religieux en prend à nouveau pour son grade : le chef religieux s’avère un violeur invétéré à la tête d’un trafique de drogue qu’il dissimule dans les cadavres. Autant de caractéristiques qui greffées sur un canevas classique confèrent une touche incongrue à un film définitivement hors-norme. Regrettons tout même une héroïne fade et asexuée, des démonstrations martiales bien décevantes et l’absence d’une course-poursuite motorisée digne de ce nom (l’héroïne campe pourtant le rôle d’une pilote professionnelle combattant le crime). Reste un morceau savoureux d’un cinéma d’exploitation carburant encore à l’audace et au panache … mais plus pour très longtemps.

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Written by NR

novembre 8, 2011 à 5:30

Publié dans Cinéma

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