Ogenki Clinic (Mototsugu Watanabe, 1988)

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Dans l’univers du film érotique des années 80, Ogenki Clinic (‘La clinique du bien être’) constitue l’adaptation attendue du manga éponyme rencontrant alors un fort écho populaire. S’éloignant des sujets crasseux de l’époque, cette adaptation fidèle réussit a émerger de la masse et proposer une vision érotique débridée et inoffensive . Si les parallèles loufoques évoquent immanquablement l’univers de Takao Nakano, reconnaissons au manga de Haruka Inui, l’antériorité de nombres d’effets comiques. Évacuant sans ménagement tout embryon d’intrigue, cette adaptation live en reprend le découpage caractéristique et le recours à des personnages loufoques. Monté à la hache et filmé en aveugle (ah ce passant s’excusant d’être en plein milieu du cadre !), l’intérêt du projet réside dans son absurdité affirmée à reproduire fidèlement les excès de sa version papier. Plus surprenant, on y retrouve une filiation flagrante avec le voisin hongkongais où le délire non-sensique s’inscrit dans des digressions pseudo-fantastiques au cachet visuel immédiatement reconnaissable (filtres bleutés, abondances de fumée en arrière-plan). Ainsi Ogenki Clinic démarre dans le cadre balisé d’une clinique dirigée par un docteur pervers et son assistante nymphomane, la suite a bon goût de proposer des vignettes décorrélées insufflant surprise et dynamisme dans l’heure réglementaire.

Outre la nullité joviale de ses interprète, on retiendra les apparitions du super-héros ‘anti-viol’ et de son nemesis, une nymphomane vorace ayant versé du coté obscur. Des classiques consultations coquines de l’entame, le film passe par l’entraînement du dit ‘héros’ encore puceau (clins d’œil appuyés aux pratiques d’un certain Itami Hanzo). La suite digresse progressivement vers le duel fantastique où les puissants jet de semence du désormais cow-boy au pénis géant (!) s’opposent aux pouvoirs lubriques de la rivale démoniaque s’agitant devant des décors improbables mêlant influences de sorcellerie, de pratique SM et d’arrière fond chrétien (ah cette figure christique souillée !). Définitivement enclin vers les pirouettes incongrues, cet artisan efficace et taquin de Watanabe propose une alternative heureuse aux traditionnelles comédies érotiques encombrées de plombant ébats. Une pellicule décomplexée fière de ses insuffisances et de ses digressions enfantines dont il serait dur de renier les qualités ludiques ; un charme éphémère pas si courant que cela.

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Written by NR

novembre 9, 2011 à 12:24

Publié dans Cinéma

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